Armée des alpes Juin 1940

Les lance-grenade et mortiers d'accompagnement français

Un mortier est une arme légère d’artillerie, sans culasse – la force de recul étant absorbée par le sol –, à mise à feu de l’obus par gravité, et de ce fait ne pouvant tirer qu’en tir vertical (hausse supérieure à 45°), ce qui lui permet de tirer malgré un site du masque très important. C'est une arme redoutable en montagne.
  1. Le lance grenade de la Manufacture d'Armes de Châtellerault (MAC) de 50 mm modèle 1937.
  2. La grenade à fusil Viven-Bessières (VB).
  3. Le mortier Brandt de 60 mm modèle 1935.
  4. Le mortier Brandt de 81 mm modèle 27/31 : une arme maniable et redoutable.
  5. Le mortier de 81 mm modèle 1932 : une arme spécifique à la forteresse.

Arme ancienne utilisée dans les sièges, le mortier connaît un regain d’intérêt certain durant la Première Guerre mondiale, où son tir courbe le rend très efficace dans un combat à courte distance et longtemps dominé par l’environnement de la guerre de position.
Ils remplacent même l’artillerie de tranchée (crapouillots, lance-mines…) en 1918.

Ils perdurent après cette date, accompagnant les hommes au plus près du combat pour les soutenir dans leur avance ou leur défense.
La France en possède trois bons modèles d'accompagnement en 1940. Utilisés dans l’infanterie et la cavalerie, ils permettent un tir d’appui proche et efficace, l’arme envoyant en fait des grenades ou des obus lors d’un tir en cloche.
Si l’angle de tir est parfois le même, les servants peuvent toutefois agir sur la portée.

lance grenade de 50 mm Modèle 1937

Le lance grenade de la Manufacture d'Armes de Châtellerault (MAC) de 50 mm modèle 1937.

Le lance grenade de 50 mm Modèle 1937 est destiné à remplacer la grenade à fusil V.B. au sein de la section de fusiliers-voltigeurs.

Il ne pèse que 3,6 kg et peut tirer 20 coups/minute et permet une neutralisation rapide à une distance maximale de 450m d'îlots de résistance par un tir courbe direct d'une munition ayant l'efficacité d'une grenade défensive.
L'idée en revient au capitaine Nahan de la Commission d’Expérimentation de l’Infanterie en 1936 et le prototype final réalisé par la M.A.C. sera accepté le 18 novembre 1937.
Les prévisions de fabrication prévoit 21950 pièces portées à 56000 lors du début de la guerre.
En juin 1940, seulement 2900 exemplaires ont été fabriqués mais la fabrication des munitions ne commence qu'en mars 1940 et elles commenceront à être distribuées qu' à partir du premier mai.

Ce lance-grenade de 50 mm, tout à fait correct, est distribué à dose homéopathique : il a fallu conserver les vieux tromblons VB.

Le lance-grenade VB

1917. Un chasseur alpin de la 47è DI instruit des soldats US sur l'emploi des grenades VB. Photo : US Signals

La grenade à fusil Viven-Bessières (VB).

La grenade à fusil Viven-Bessières (VB), du nom de l'un de ses inventeurs, était tirée à l'aide d'un tromblon fixé au fusil Lebel, en utilisant une cartouche classique.
Elle était traversée dans son axe par un cylindre du diamètre de la balle, et le tube du détonateur était parallèle à cet axe.

Au moment du tir, la balle traversait le tube central, et en sortant actionnait un petit levier placé sur la partie externe du détonateur, déclenchant le mécanisme de mise à feu.
Les gaz d'éjection, s'accumulant dans le tromblon envoyaient le corps de la grenade (475 g dont 60 g de cheddite) jusqu'à 180 m.

Une petite coiffe en laiton, avec un trou pour le passage de la balle en son centre, était généralement placée sur la tête de la grenade pour prévenir d'un déclenchement accidentel du levier.

Cette grenade était tellement efficace qu'elle modifia la tactique de l'infanterie française : chaque compagnie disposait de 16 tireurs VB, lui conférant une puissance de feu très maniable et discrète à la fois pour les actions offensives et défensives.

Grenadier VB

Mortier Brandt de 60 mm du 6e BCA

Photo : avz94 - www.atf40.1.net

Le mortier Brandt de 60 mm modèle 1935.

C'est le mortier du niveau compagnie qui dispose d'un exemplaire. C'est une arme, précise et puissante.

Il pèse 18 kg et est transporté  à dos d’hommes, décomposé en trois fardeaux, ou sur véhicule.

Il peut tirer à 1 km à une cadence de tir de 20 coups/minute.

Mortier Brandt de 81 mm Modèle 27/31

Décembre 1939. Une pièce mortier 81 mm d'une unité sénégalaise

Le mortier Brandt de 81 mm modèle 27/31 : une arme maniable et redoutable.

La première version du mortier Brandt de 81 mm, le modèle 1927, était dérivée du mortier Stokes britannique de 1918.
Il fut revu quatre ans plus tard pour devenir le Modèle 27 modifié 31, particulièrement maniable.

Aux grenades du mortier britannique Stokes succédèrent des projectiles à la forme très étudiée, porteurs d'une charge explosive plus importante, et, surtout, d'une portée supérieure.
Brandt mit au point pour son Modèle 27/31 des obus très variés, que l'on peut répartir en trois grandes catégories :

  • le type standard, brisant ;
  • puis un obus analogue, deux fois plus lourd, mais dont la portée était réduite de moitié ;
  • des fumigènes.

On le trouve en deux exemplaires au sein du bataillon.

Le Modèle 27/31 connut dès sa mise en circulation un très gros succès, en Europe et ailleurs. En quelques années, il fut partout produit sous licence, ou simplement contrefait. Son calibre de 81,4 mm devint la norme de tous les mortiers d'infanterie européens; tous ceux mis en œuvre au cours de la Seconde Guerre mondiale lui doivent quelque chose, quand ils n'en sont pas de simples copies.
Il éclipsa même les armes en service en Allemagne, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Chine ou en Union soviétique.

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Caractéristiques du mortier Brandt de 81 mm mle 27/31

Calibre : 81,4 mm.
Poids : 59,700 kg sécables en 3 fardeaux : tube 20,700 kg; bipied, 18,500 kg; plaque de base, 20,500 kg.
Pointage en hauteur : + 45° à + 80°.
Pointage en direction : 8° à 12° selon l'élévation.
Portées maximales :

projectile standard : 1900 m

projectile lourd : 1 000 m.
Poids du projectile : standard, 3,2 kg; lourd, 6,9 kg.

Mortier de 81/32 du fort du Barbonnet

Photo Marc ENDINGER

Le mortier de 81 mm modèle 1932 : une arme spécifique à la forteresse.

Le mortier de 81 mm modèle 1932 est une arme à tir courbe spécifiquement développée pour la fortification Maginot à partir du mortier Brandt modèle 1927-1931.

La mission de ces armes de faible portée était la défense des abords des ouvrages et de leurs dessus qu'elles pouvaient arroser sans provoquer de dégâts réels au niveau des blocs. La faculté de ce matériel de tirer à angle fixe a permis de le placer aussi bien sous tourelle que dans des casemates en sous-sol des blocs ce qui, combiné à l'utilisation d'une trémie blindée dont la taille en hauteur était réduite au strict minimum du fait du débattement nul de l'arme et au fait que le tube ne dépassait pas de l’embrasure les rendait particulièrement peu vulnérables aux coups ennemis.

Cette arme présente la particularité de tirer avec un angle fixe de 45°, le réglage de la portée se faisant par l’emploi d'un nombre variable de charges relais additionnelles placées au niveau des ailettes de l'obus et un emprunt de gaz variable entre le tube et les deux tubes de détente fixés au-dessus de ce dernier. La présence de ces tubes de détente est propre à ce modèle et permet de l'identifier sans coup férir. Le chargement se fait depuis l'arriére de l'arme par la culasse.

Caractéristiques techniques

– Longueur du tube : 1,575 m ;
– Diamètre du tube : 81,15 mm;
– Angle de tir fixe : 45°;
– Portée utile: 3 500 m avec projectile Mle 1936 RF, sinon 2 500 m;
– Portée maximale 3 900 m;
– Refroidissement : 50 l d’eau par jour ;
– Cadence de tir maximale : 20 coups par minute,
– Cadence de tir pratique : 13 coups par minute
– Poids de l'ensemble : 2 060 Kg, 3 125 Kg avec trémie;
– Poids du tube avec tubes de détente : 390 Kg;
– Poids de l'affut , partie mobile : 700 Kg;
– Poids de la plaque d’embase : 970 Kg

Source : https://wikimaginot.eu